Escrime
Date de publication: 14:31 , le 18/9/2017    Source: Cette stationfont-size:AAA

Aucun autre sport n'a de racines aussi profondément ancrées dans le passé que l’escrime. Il s'agissait d'une part de tournois sous diverses formes et, d'autre part, cela représentait, signification historique capitale, un métier de guerre pratiqué pendant de longs siècles, décisif pour la victoire ou la défaite et scellant ainsi le destin de nombreux peuples. Avec l'apparition des armes à feu de poing, les armes à pointe et à tranchant disparurent des champs de bataille. Elles subsistèrent toutefois dans les armées en tant que distinctions honorifiques personnelles ainsi que comme armes utilitaires, légères et décoratives, pour la noblesse et la bourgeoisie qui, notamment aux siècles XVII et XVIII, en firent un usage inquiétant lors de nombreux duels sanglants au temps de la guerre de Trente Ans.

Il est fort réjouissant de relever que l’escrime fait partie intégrante du programme des sports du CISM. Il ne s'agit pas de l’escrime telle qu'elle est pratiquée dans le tetrathlon ou le pentathlon moderne, avec des combats à l'épée remportés par une seule touche. Les championnats d’escrime du CISM se disputent comme de coutume en 5 touches et cela avec chacune des trois armes: sabre, épée et fleuret. Le combat à l'épée avec une touche est basé sur le principe selon lequel l'adversaire peut être mis hors combat avec une seule botte. Il est donc facile à concevoir que dans un tel but il faille appliquer un comportement approprié, soit la tactique d'attentisme, tout en épiant l'instant favorable pour conclure le combat par une action décisive. Il n'est alors guère possible de prendre des risques puisque dans le même combat un point perdu ne se rattrape plus. Dans un certain sens il s'agit avant tout de "safety first". 

Il en va tout autrement avec l'escrime en 5 touches. L'adversaire peut être contraint à prendre des risques. Diverses tactiques peuvent être utilisées en cours de combat, notamment lorsque à la suite d'une action manquée il s'agit de rattraper une touche et d'en réussir encore un pour prendre l'avantage. L'escrime en 5 touches donne des combats passionnants. Trois facteurs déterminent la physionomie ou l'image de chacune des rencontres: le savoir technique, la tactique appliquée en fonction de ce savoir et, comme élément essentiel, la condition physique permettant d'appliquer cette tactique avec persistance. Au sujet de cette condition physique on pourrait encore rajouter "last, but not least". En réalité, celui qui doit soutenir 40 combats ne peut réussir à imposer sa volonté à l'adversaire que s'il n'est pas désavantagé par une forme physique insuffisante. La technique et la tactique doivent être utilisées avec vivacité d'esprit, sans combat, mais avec souplesse, pour ainsi dire en jouant. Celui qui maîtrise ces trois facteurs est un escrimeur parfait et c'est un régal pour les yeux que de le regarder.

L'épée est une arme de combat. La touche sur tout le corps, des pieds à la tête, est valable. Précision et rapidité sont déterminantes. Par contre le sabre, arme de pointe et à tranchant, comme le fleuret, arme de pointe, sont des armes conventionnelles.

Ramenée à son plus simple dénominateur, cette convention à respecter stipule que chaque attaque correctement menée doit être parée et que la surface valable autorisée est limitée. Ainsi, pour le fleuret et le sabre il en résulte une forme de combat très particulière, dont l'appréciation impose aux Présidents de Jury des exigences élevées. La parfaite maîtrise de cette convention, conjointement à un grand savoir technique et à une excellente condition physique, mène, avec ces armes conventionnelles, à des combats glorieux, mais n'atteignant malheureusement jamais de grands sommets dans l'art de l'escrime.

Le fait d'avoir admis le fleuret et le sabre dans le programme des championnats d'escrime du CISM donne un caractère de plénitude à ces épreuves, tout en augmentant la valeur de la victoire dans le classement par nations et en conférant à cette manifestation une importance de tout premier ordre. A ce fond historique il faut encore ajouter le fait qu'aujourd'hui encore, les armes de pointe et de tranchant représentent une marque d'honneur, de bravoure chevaleresque et de vaillance. Puissent ces grandes qualités caractériser les championnats d’escrime du CISM, en souvenir du passé mouvementé et représentatif de l'escrime, ainsi que pour l'avenir prospère de ce sport de combat. 

 

Epreuves :

a. Les CMME/CISM comprend: 

(1) Une épreuve de fleuret hommes (FH); 

(2) Une épreuve de fleuret dames (FD); 

(3) Une épreuve d'épée hommes (EH); 

(4) Une épreuve d'épée dames (ED); 

(5) Une épreuve de sabre hommes (SH); 

(6) Une épreuve de sabre dames (SD). 

b. Chaque épreuve sera disputée de façon à ce que tous les tireurs se battent contre tous les autres de nations différentes.